Le 4 juillet dernier, s’est tenue, à Paris, une rencontre-débat co-organisée par l’AFCI (Association Française de la Communication Interne) et l’APSE (Association des Professionnels en Sociologie de l’Entreprise) sur le thème :
 
« Parole au travail, parole sur le travail »
 
Dans une période d’intenses transformations et de crise, la parole des agents est plus que jamais nécessaire. Par rapport au « Silence dans les rangs ! » hérité du taylorisme, la parole au travail s’affirme de plus en plus comme l’une des composantes essentielles du travail.

 

Les salariés jugent la parole au travail !

Qui prend le plus souvent la parole oralement en entreprise ?
  1. Le manager direct (pour 79% des personnes interrogées)
  2. Les collègues (71%)
  3. Le directeur d’unité, de branche, d’activité (61%)
  4. Les syndicats (52%)
  5. Le Président/Directeur (42%)
  6. Pour 29% des personnes interrogées, le Président/Directeur ne prend jamais la parole.
De quoi parle-t-on ?
Les sujets institutionnels sont majoritairement abordés alors que les salariés attendent qu’on redonne un sens à leur quotidien sur :
–       Les aspects RH (48% de citations)
–       Les conditions de travail (47%)
–       L’avenir de chacun au sein de l’entreprise (41%)
–       La stratégie (36%)
–       Le travail, le métier (34%)
A l’heure du virtuel, quels moyens de communication sont plébiscités par les collaborateurs ?
  1. La communication en direct (pour 77% des personnes interrogées)
  2. La communication digitale (58%)
  3. La communication papier (50%)
Les salariés jugent la parole au travail – Etude Meanings / Harris Interactive – Janvier 2013
Quels sont les principaux freins au développement de la parole au travail ?
  • Au niveau de la direction : la difficulté à expliquer en interne le contexte instable  et la crainte d’évoquer des sujets délicats
  • Au niveau du service communication : l’abus de l’utilisation des TIC qui génère une dépersonnalisation des relations au travail
  • Au niveau des managers : des comportements managériaux anciens caractérisés par des objectifs trop difficiles à atteindre, une façon de communiquer trop brutale, une incapacité à donner des ordres clairs et précis, suscitant démotivation et stress
  • Au niveau des agents : face à l’abus de pouvoir de leurs managers, personne n’ose exprimer son point de vue et finit par souffrir au travail. Les démissions, l’absentéisme et les risques psychosociaux représentent un appel au dialogue auquel la direction n’a su répondre
Et de manière générale, faute de temps, la non résolution des dysfonctionnements provoque une accélération et une amplification des phénomènes de crise.
Une collectivité territoriale qui se parle sait : 
  • Apporter une vision partagée qui a du sens : le dirigeant formalise sa stratégie et l’explique clairement auprès des collaborateurs pour leur donner une vision commune des objectifs à atteindre
  • Valider un dialogue de qualité afin de co-construire les projets d’avenir, en élaborant des pistes d’actions durables, mais également, trouver ensemble des réponses appropriées face à un dysfonctionnement interne et faire remonter les réalités terrain
  • Fluidifier les circuits d’information : par un repérage des chemins les plus efficaces, les mouvements de l’information sont alors optimisés et les supports plus appropriés en fonction des populations internes visées
  • Développer une culture commune : il s’agit de la raison d’être de la collectivité territoriale, caractérisée par un ensemble de valeurs et de rituels partagés par les équipes, afin de renforcer le lien social à tous les niveaux hiérarchiques
  • Mettre en avant sa mémoire collective : échanger les bonnes pratiques, transmettre le savoir-faire aux générations futures, valoriser le travail collectif en développant la culture du partage
  • Optimiser la parole intérieure et la communication interpersonelle : l’agent se reconnaît dans son activité par une question simple : « Est-ce que je réalise bien mon travail ? » Il développe une posture d’écoute, comprend et se fait comprendre facilement, sait raisonner avec ses émotions et être à l’aise en situation difficile

Bref, une collectivité territoriale efficiente remet en cause son organisation du travail, en considérant que la communication est l’affaire de tous !

Alors, profitons de cette période estivale, caractérisée par un rythme au ralenti, pour que la parole revienne au travail !