Pratiquez-vous l’économie collaborative ? Certainement !

Selon un récent sondage, un Français sur deux utilise le co-voiturage, revend des objets sur internet et/ou s’approvisionne en fruits et légumes directement auprès de producteurs locaux.

 Crise oblige, nous nous tournons de plus en plus vers cette économie de partage et de collaboration, qu’il s’agisse :

  • De la consommation collaborative, avec le co-voiturage, le couchsurfing (service d’hébergement temporaire, de personne à personne) ou les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne)
  • Des modes de vie collaboratifs, tels que la colocation ou le co-working (un espace de travail partagé qui permet le développement de réseaux de travailleurs)
  • De la finance collaborative (crowdfunding), c’est-à-dire le prêt d’argent de pairs à pairs en vue de financement de projets. Le public français a ainsi produit le premier album du chanteur Grégoire.
  • De la production contributivereprésentée notamment par les Fab Labs, laboratoires de fabrication ouverts au public, qui donnent accès aux outils et à la technologie à moindre coût.

Ces changements de mode de consommation sont apparus grâce au développement du numérique et des réseaux sociaux, facilitant ainsi la mise en relation en quelques clics.

 Le saviez-vous ?

 8 Français sur 10 pratiquent ou ont l’intention de pratiquer la consommation collaborative.

59% des Français disent avoir confiance en les échanges entre particuliers.

Source : TNS Sofres – 14 Novembre 2013

Face à ces récentes habitudes de consommation, certaines organisations traditionnelles s’adaptent et développent de nouveaux modes de partage, en complément de leurs produits et services.

Par exemple, l’enseigne Castorama développe une plateforme d’échange d’heures de bricolage, dénommée Troc’Heure.

L’entreprise Telsa a récemment rendu public ses brevets de voitures électriques, facilitant ainsi la fabrication de ces nouveaux véhicules.

La CCI de Lyon vient de créer, via la plateforme Wiseed, la première levée de fonds à destination des entreprises rhônalpines.

Quant aux élus de la ville de Barcelone, ils mettent en œuvre un programme politique ambitieux, qu’ils ont baptisé « Fabcity » ; il s’agit de rendre la ville autosuffisante, en relocalisant au moins 50% de la production industrielle vers le territoire barcelonais… Un projet qui se concrétise avec l’ouverture d’un lieu de fabrication par quartier d’ici 2020.

La multiplication de telles pratiques collaboratives démontre une certaine évolution des mentalités.

Souvenez-vous, il y a dix ans… Etiez-vous prêt à laisser les clés de votre maison à de parfaits inconnus ? Imaginiez-vous voyager en voiture avec des personnes que vous n’aviez jamais rencontrées auparavant ? Qui d’autre que votre banquier était en mesure de vous prêter de l’argent ?

Ces échanges, pour qu’ils fonctionnent, reposent aujourd’hui sur un élément indispensable : la confiance ! C’est ainsi que notre société, marquée par l’individualisme, voit réapparaître peu à peu des valeurs mutualistes.

De plus, une meilleure prise de conscience de l’environnement nous amène à développer des comportements de citoyens responsables, contribuant ainsi à l’amélioration de notre qualité de vie.

Enfin, les plateformes numériques d’échanges permettent une meilleure adéquation entre l’offre et la demande, et donc une optimisation des ressources à disposition.

Les consommateurs/usagers de l’économie collaborative représentent les salariés/agents des organisations. Initiés au Do It With Others (« Fais-le avec les autres »), ils aspirent à mettre leurs savoirs et compétences individuelles au service du collectif.

Pour activer leurs potentiels, ils ont besoin d’évoluer au sein d’organisations plus transversales, orientées vers un management participatif et davantage ouvertes vers l’extérieur.

Ce changement culturel pourrait ainsi contribuer à l’émergence d’un modèle de croissance durable qui allie performance et bien-être au travail.

Je m’autorise à rêver… Alors, rêve deviendra-t-il réalité ? Certaines Organisations ont franchi le pas.

« Nous sommes dans un monde bridé, spécialisé à outrance, opaque, dans lequel l’humain souffre. Il faut reprendre la main. »

Jean Baptiste FONTAINE – Co-fondateur de la Fablab juracienne NET-IKI