Qu’est-ce que la confiance ?

 « Un individu est confiant s’il met des ressources à disposition d’une autre partie, en l’absence d’un contrat formel, en espérant en retirer des bénéfices ».

James COLEMAN  – Sociologue américain

 

Avez-vous confiance en vos collègues de travail ?

En votre chef de service ?

En votre direction ?  En l’entreprise et en l’institution ?

 

Le saviez-vous ?

Depuis une quinzaine d’années, la défiance s’est fortement accentuée, principalement envers la « France d’en haut » :

  • 26% des Français font confiance en l’Etat
  • 47% des Français font confiance aux grandes entreprises privées et 48% aux entreprises publiques
  • 75% des Français ont confiance en leur manager de proximité
  • 81% des Français font confiance aux PME et TPE
  • 71% des Français se déclarent pessimistes quant à leur avenir ou celui de leurs enfants.

Source : IFOP – Décembre 2014

Les Français décrochent la palme d’or du pessimisme, malgré un niveau de vie parmi les plus élevés du monde !

La défiance serait-elle devenue la maladie du siècle ou propre à notre société hexagonale ?

 

Les Danois, champions du monde de la confiance :

Les Danois évoluent dans un environnement identique au nôtre, marqué d’incertitudes et de changements perpétuels. Et pourtant, ils représentent le peuple le plus heureux du monde.

Dans son ouvrage intitulé « Heureux comme un Danois », Malene RYDAHL délivre les secrets du bonheur de cette société nordique :

Une confiance en soi :

Le système scolaire priorise le développement de la personnalité et du potentiel individuel de chaque enfant. C’est ainsi que chacun est invité, dès le plus jeune âge, à développer son propre bonheur.

Une responsabilisation individuelle et collective :

Les Danois se sentent individuellement responsables de leur vie et du projet commun.

7 Danois sur 10 aiment payer leurs impôts alors que la pression fiscale y est la plus élevée du monde !

Une confiance mutuelle spontanée :

78% des citoyens se font confiance entre eux contre 23% des Français.

84% des Danois font confiance aux institutions et au gouvernement.

Une humilité : tous égaux

Au Danemark, l’important est que chacun trouve sa place. Il n’existe pas d’élite qui brille et qui serve de référence pour le reste de la population.

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Former des leaders éthiques pour bâtir la confiance :

Les dirigeants d’entreprise français sont indéniablement reconnus pour leurs compétences conceptuelles, techniques et politiques ; ils savent analyser les situations complexes, en vue de prendre les décisions qui s’imposent. Ils mettent en œuvre des outils, des procédures et des techniques efficaces, propres à leur domaine d’activité. Et ils assurent une base de pouvoir solide, qui leur permet de développer de nombreux contacts opportuns.

« Moi, je ne fais pas de social ! Mon objectif est de réaliser un million d’euros de chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année ! », m’a dit récemment un entrepreneur angevin.

Aujourd’hui pressurisés par des résultats financiers, une majorité de managers organisent et contrôlent dans une logique de gestionnaires. Ils rationalisent, désignent des collaborateurs pour appliquer leurs décisions, sans s’assurer que ces dernières soient applicables sur le terrain.

Quand un problème surgit, pressés, ils désignent un coupable, plutôt que de chercher les causes profondes de dysfonctionnements.

Les collaborateurs se sentent alors mal compris et mal gérés ; ils souhaitent pourtant apporter leurs ressources et leurs talents à l’entreprise qui ne sait que prendre. En France, les relations de travail sont ressenties comme beaucoup plus hiérarchiques et conflictuelles qu’ailleurs. Le mal-être au travail ne fait qu’augmenter d’année en année, générant démotivation, désengagement et au bout du compte, perte de profits.

Le « comment » a supplanté le « pourquoi » ; le processus prime sur l’individu.

Or, les problèmes techniques et organisationnels ne peuvent être résolus que par les seules procédures. Pour avancer, les managers ont besoin de développer une quatrième compétence – interpersonnelle – qui permet de travailler en équipe, de comprendre les collaborateurs, de les guider, de les motiver, tant au niveau individuel que du groupe.

 

Repenser les cours de management :

François DUPUY l’explique bien dans son ouvrage, La faillite du management, Lost in Management, tome 2 :

« Il existe une profonde inculture de la majorité des dirigeants d’entreprise en termes de connaissance en sciences sociales.  Les Business School proposent des concepts et principes qui ne peuvent s’appliquer dans le quotidien des entreprises ».

Modifier les pratiques pédagogiques :

La majorité des élèves français déclarent consacrer la totalité de leur temps à prendre des notes et ne jamais travailler en groupe avec leurs camarades. La France est le seul pays à présenter un tel déséquilibre dans les pratiques pédagogiques. Notre système éducatif, essentiellement basé sur l’apprentissage du savoir, n’inculque pas les compétences sociales indispensables à la coopération.

James HECKMAN, prix Nobel d’économie le confirme :

« L’investissement, dès le plus jeune âge, dans les compétences non cognitives (estime de soi, compétences sociales, autonomie décisionnelle,…) est la clé de réussite économique et du développement humain ».

Développer le leadership éthique :

Les élites développent parfois des comportements dominants, laissant peu de place aux autres, ce qui  se traduit par des mises en retrait, des incompréhensions, des tensions, des conflits ouverts ou larvé.

Ces abus de pouvoir entrainent des conditions de travail de plus en plus pénibles.

Un client m’a récemment confié : « Sur le plan humain, ce manager laisse à désirer. Mais il est remarquable sur le plan technique. La preuve : son établissement est le plus rentable de notre groupe ! Nous allons procéder à la mutation des collaborateurs qui lui posent problème».

Dans ce cas de figure, la direction conserve ses managers incompétents.

Elle se prive de leaders capables de motiver les personnes autour d’une vision, de générer les initiatives, de mobiliser les intelligences individuelles et collectives. et de collaborer pour identifier et résoudre les problèmes de l’entreprise.

Elle se désintéresse des leaders éthiques qui répondent aux besoins des collaborateurs, tels que le respect mutuel, la reconnaissance, l’accès à la connaissance et la réalisation de soi.

Elle oublie qu’un manager qui se préoccupe du bien-être des équipes dispose de personnes qui l’aideront à innover, à changer de cap, à travailler de façon efficiente, à créer de la valeur à court et long terme.

Elle n’a pas compris que pour développer la coopération, le leader utilise un puissant remède : la confiance !

« La confiance est un élément majeur ; sans elle, aucun projet n’aboutit »

Eric TABARLY

Heureusement, dans ce sombre tableau, surgit la lumière ! Il existe des dirigeants et des managers qui ont tout compris ; ils savent que performance économique rime avec performance sociale. Ils inventent des « entreprises « libérées » qui, miraculeusement, génèrent des profits à vitesse grand « V » !

Tel Jean François ZOBRIST qui a appliqué trois principes simples au sein de l’entreprise FAVI : « 1. Considérer que l’Homme est bon – 2. La confiance rapporte plus que le contrôle – 3. Pas de performance sans bonheur ».  Et ça marche 🙂

Des leaders éthiques, j’en rencontre de plus en plus… Preuve à l’appui dans le prochain billet !