L’entreprise libérée, Intelligence émotionnelle et management, Management de la sécurité de l’information, Faillite de la pensée managériale, La boite à outil du management transversal, Le manager presque parfait… Chaque année, d’innombrables ouvrages en management sont publiés, de quoi y perdre son latin ! Aussi, je vous propose de redécouvrir l’histoire du management, ce qui peut faciliter la compréhension de nombreuses méthodes et théories du management contemporain.

Les sources du management contemporain

Adam Smith   Adam SMITH est considéré comme le fondateur du libéralisme économique et la Richesse des Nations (1776) représente un plaidoyer en faveur des propriétés autorégulatrices des marchés.

Ce brillant philosophe et économiste écossais explique également que les comportements humains peuvent avoir des conséquences aussi bien bénéfiques que nuisibles à la société. Selon lui, la science économique ne doit pas tourner le dos à toute considération morale, ni épargner aux individus le souci d’être vertueux.

 Max Weber  Max WEBER est le premier auteur à avoir analysé le rôle du leader dans une organisation. Il en a conclu qu’une organisation peut être gouvernée par trois types d’autorité légitimes : rationnel, traditionnel, charismatique.

Ce sociologue allemand pense alors que le monde moderne du début du 20ème siècle se caractérise par la prédominance de la légitimité rationnelle : maximisation de la performance, mise en place de règles et de procédures, application d’un système impersonnel.

Son analyse reste d’actualité pour un certain nombre d’organismes publics et de grandes organisations privées.

Peter Drucker   Peter F. DRUCKER est le gourou des gourous du management, en inventant la plupart des principales théories du management élaborées dans la seconde moitié du 20ème siècle, qu’il s’agisse :

  • De la direction par objectifs
  • Du concept de privatisation
  • De la nécessité de privilégier le consommateur
  • Du rôle de la direction dans la stratégie d’entreprise
  • De la décentralisation
  • Des conséquences pour les organisations de l’avènement d’un âge de l’Information
  • De l’apparition du travailleur du “savoir”

Henri Mintzberg   Enfin, écrite il y a plus de 20 ans, l’œuvre d’Henry MINTZBERG s’est principalement orientée vers l’élaboration de la stratégie, la gestion du temps des dirigeants, l’élaboration du processus mental et la structuration des organisations.

Si les modèles de structure simple et de bureaucratie mécanique étaient d’hier, et si ceux de bureaucratie professionnelle et de structure en département sont d’aujourd’hui, alors la structure de type adhocratie, fondée sur l’ajustement mutuel, est à l’évidence celle de demain. 

 Les grands courants managériaux

Frederic TaylorL’approche classique est représentée par Frederick Winslow TAYLOR, inventeur du management scientifique et précurseur des études sur le temps et les méthodes de travail dans l’entreprise.

L’objet principal de la direction doit être d’obtenir la prospérité maximale, aussi bien pour l’employeur que pour chaque salarié.

Aujourd’hui, ces principes peuvent encore être observés dans tous les secteurs d’activité reposant sur une production et une qualité standardisée, comme par exemple, le secteur de l’alimentation rapide.

 

L’école quantitative :  Edwards DEMING et Joseph JURAN ont introduit la philosophie de la qualité dans l’industrie japonaise d’après guerre.

William DemingEdwards DEMING a intégré le contrôle statistique de la qualité comme nouvelle méthode de gestion, en créant les “cercles de management” et la fameuse roue (plan, do, check, act) : planification, mise en oeuvre, vérification et action.

Il affirme également que le style de management qui prévaut actuellement conduit l’économie mondiale dans une impasse ; en privilégiant la concurrence et le pouvoir de l’argent, cela provoque d’immenses pertes et génère de la misère et du chômage.

Joseph Juran Joseph JURAN est, quant à lui, est reconnu comme étant le principal fondateur des démarches qualité.

Pour vous (l’occident industriel), les patrons se chargent de la réflexion, et les ouvriers manient le tournevis ; l’essence d’une bonne gestion consiste à faire jaillir les idées de la tête des patrons et les faire exécuter par les ouvriers. Nous avons dépassé les modèles de Taylor. Le monde économique est devenu si complexe et si difficile, la survie des entreprises si périlleuse et pleine de dangers qu’elle exige la mobilisation au jour le jour de la moindre parcelle d’intelligence.

Konosuke MATSUHITA – fondateur de Panasonic

  Le mouvement des relations humaines :

Mary Parker Follett Mary Parker FOLLETT est devenue, dans les années 1920, une pionnière des relations humaines dans le management.

Elle plaide pour que, dans une organisation, l’autorité soit plutôt horizontale que verticale.

  • l’intérêt de l’individu ne peut s’effacer devant celui du groupe
  • la logique de la responsabilité est préférable à celle de l’obéissance
  • la gestion des entreprises doit se fonder sur une éthique collective plutôt que sur l’individualisme
  • le potentiel de chacun ne peut s’exprimer qu’à travers le groupe.

Chester BARNARD

Quelques années plus tard, Chester BARNARD s’est intéressé à la nature du leadership, à la culture d’entreprise et à la formation de valeurs en interne. En effet, il s’opposait au concept du dirigeant autoritaire, qui s’appuyait uniquement sur un système de primes et vise l’efficacité à court terme.Il préconisait au contraire “une cohérence entre les éléments tels que les valeurs, les réseaux sociaux informels, les systèmes formels et les objectifs. Mieux ils sont orchestrés, plus l’organisation obtient des résultats”.

Elton MayoA la même époque, Elton MAYO découvre l’importance du groupe au travail, et de sa mise en relation avec la direction. Ses analyses le conduisent à conclure qu’à l’intérieur d’organisations formelles, il en existe de nombreuses autres informelles, qui pourraient améliorer leur productivité, si on les laisse fixer elles-mêmes leurs règles et leurs objectifs, et si leurs chefs leur témoignent à la fois du respect et de l’intérêt.

Maslow

Enfin, en 1970, Abraham MASLOW a permis à l’homme de s’approprier son potentiel humain, en inventant le terme de “hiérarchie des besoins” pour définir les origines de la motivation humaine par rapport au travail.

Il constate que les personnes qui parviennent à se réaliser sont spontanées et créatives, non inhibées par les conventions, ayant tendance à s’intéresser aux problèmes autres plus que les leurs et capables de distinguer entre ce qui est authentique de et ce qui est faux.

Seulement 2% de la population mondiale ont été capables d’atteindre les “expériences paroxystiques” de la vie à travers une totale réalisation de soi.

Le travail de Maslow reste une référence dans le domaine des ressources humaines. Il avait quarante ans d’avance lorsqu’il a anticipé sur des besoins caractéristiques de l’économie numérique, où le potentiel humain est reconnu comme étant le premier facteur d’avantage compétitif.

Bien évidemment, il existe de nombreuses autres théories managériales. A mon sens, chaque organisation a besoin de s’approprier les concepts managériaux fondamentaux, afin d’élaborer et mettre en œuvre une stratégie managériale personnalisée, qui réponde aux besoins et aux attentes de ses managers.