Le 6 Avril dernier, la CCI Pays de la Loire a organisé la conférence Cap vers l’industrie du futur !, à la Cité des Objets Connectés d’Angers. Une dizaine d’intervenants sont ainsi venus présenter leurs activités innovantes, susceptibles d’aider les dirigeants d’entreprises à améliorer leur appareil de production.

La France est aujourd’hui, toutes filières industrielles françaises confondues, sous-robotisée par rapport aux pays européens les plus industrialisés. Pourtant, la robotisation permet de diviser par deux le coût de fabrication d’une pièce.

France

Allemagne

Italie

Nombre de robots industriels

34 500

150 000

62 000

Nombre de robots pour 10 000 salariés

122

261

159

Moyenne d’âge des robots

17 ans

10 ans

Les nouvelles technologies ont cependant été investies depuis 20 ans dans de nombreux secteurs d’activité. Dans l’automobile par exemple, PSA , leader de la réalité virtuelle, voit aujourd’hui ses managers animer les réunions autour de maquettes virtuelles, construit des pièces de rechange sur-mesure et peut customiser tout type de véhicules.

L’innovation collaborative permet à l’entreprise d’élargir son champ de développement, en s’associant avec d’autres organisations partenaires (entreprises, organismes de recherche, centres techniques, pôles de compétitivité, organismes publics). Elle peut ainsi faire émerger, décider et/ou réaliser un ou plusieurs projets d’innovation de façon conjointe.

L’entreprise recueille un certain nombre d’avantages, en développant l’innovation collaborative :

  • Sur le plan économique, elle renforce sa position et gagne des parts de marché,
  • Sur le plan organisationnel, elle peut s’appuyer sur des ressources externes, ce qui réduit le coût du projet et permet d’accélérer le processus d’innovation,
  • Sur le plan technologique, elle dispose de compétences de pointe qui lui permettent d’accéder à une technologie nouvelle et porteuse pour l’application visée,
  • Sur le plan sociétal, travailler ensemble, entre organisations de cultures et de métiers différents, constitue un progrès et une richesse dans les relations humaines.

 

Quels sont les réseaux et écosystèmes d’innovation susceptibles d’aider les entreprises ligériennes dans leurs futurs projets d’innovation ?

 

Citons tout d’abord l’Alliance Industrie du Futur, qui met en œuvre, de façon opérationnelle, le projet national Industrie du Futur lancé par le gouvernement en avril 2015.

Cette association rassemble et met en mouvement les compétences et les énergies d’organisations professionnelles, d’acteurs scientifiques et académiques, d’entreprises et de collectivités territoriales.

De nombreuses informations sont disponibles sur le site http://allianceindustrie.wixsite.com/industrie-dufutur, notamment le guide des industries du futur , ainsi qu’un référentiel proposant 158 exemples d’applications en PME : https://exemples-aif-industrie-dufutur.org

 

Parlons ensuite de la Région des Pays de Loire, qui a présenté, le 17 Mars 2017, son Plan régional pour l’industrie du futur, en faveur des entreprises ligériennes, comprenant quatre axes : porter chaque PME et chaque PMI vers une modernisation individualisée, renforcer l’avance technologique régionale sur l’industrie du futur, former les opérateurs du futur, et mener une démarche collaborative pour progresser de façon collective.

Concrètement, il s’agit d’accompagner, chaque année, 70 PME pré-sélectionnées dans l’amélioration de leur appareil productif, depuis le diagnostic jusqu’au déploiement, en passant par la phase de test. À chaque étape, un financement (de 20 000 € à 350 000 €) et un accompagnement sont proposés pour inciter l’entreprise à aller jusqu’au bout du processus.

La région fédère également tous les acteurs de l’innovation, des centres techniques et de recherche, aux pôles de compétitivité, en passant par les CCI et les écoles de formation, avec pour objectif de croiser les solutions génériques entre les différentes filières.

Le plan prévoit également de préparer les compétences de demain, permettant de répondre aux besoins des industries ligériennes du futur. Ainsi, le projet « Manufacturing Academy » initie, à la rentrée 2017, 13 nouvelles formations, dont 7 dans l’enseignement supérieur.

 

Relais opérationnel de la région, les pôles de compétitivité ont vocation à soutenir l’innovation, à dynamiser la recherche et développement, en associant des acteurs aux compétences complémentaires, dans une démarche collaborative. Ainsi, la Région des Pays de la Loire compte 8 pôles de compétitivité sur son territoire :

  • Le pôle Atlanpole Biothérapie : spécialisé dans l’innovation sur l’ensemble de la chaîne de valeur du bio-médicament depuis la découverte de cibles jusqu’à l’évaluation clinique
  • Le pôle Elastopole : spécialisé dans l’innovation du secteur du caoutchouc et des polymères
  • Le pôle EMC 2 : spécialisé dans la transformation et la mise en œuvre des matériaux, les technologies de production et l’industrie du futur
  • Le pôle Id4car : spécialisé dans l’innovation pour l’ensemble de la filière Véhicules
  • Le pôle Images et Réseaux : spécialisé dans l’innovation des technologies numériques de l’image et usages du futur
  • Le pôle S2E2 : spécialisé dans l’innovation au sein du secteur des technologies de l’énergie électrique et des smart grids au service de la gestion de l’énergie
  • Le pôle Valorial : spécialisé dans l’innovation du secteur agroalimentaire et de l’emballage
  • Le pôle Végépolys : positionné sur la production (création et pratiques culturales) de végétaux spécialisés respectueux de l’environnement et de la santé

 

Divers acteurs viennent compléter l’offre régionale. Par exemple :

·         PROXINNOV est une plateforme régionale d’innovation, dédiée à la robotique, qui propose d’accompagner les entreprises dans le développement de leurs projets de robotisation.

http://www.proxinnov.com

  • CAP’TRONIC accompagne 3 000 start-up et PME françaises, quel que soit leur secteur d’activité, à améliorer leur compétitivité, grâce à l’intégration de solutions électroniques et logicielles dans leurs produits.

http://www.captronic.fr

http://www.clarte-lab.fr

  • Au sein du CEA (organisme de recherche), CEA Tech crée de l’innovation technologique pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises par la performance et la différenciation des produits.

http://www.cea-tech.fr

 

Terminons par Angers French Tech, la référence nationale en matière d’objets connectés, qui présente 18 chaires; il s’agit d’articuler les problématiques d’entreprises et les travaux de recherche. Les sujets proposés ci-dessous sont à des stades de maturité différentes : certains sont au stade de la chaire finalisée en cours de financement, d’autres sont des pistes de recherche proposées afin de co-construire une chaire tenant compte des besoins de l’entreprise mécène.

ESSCA :

  • Numérique et Iot : émergence de nouveaux modèles d’affaires

ENSAM :

  • Structures et matériaux intelligents et communicants (SMARTs)
  • Perform’, performance en formation

ESA :

  • Agriculture connectée
  • Agriculture urbaine

Université d’Angers :

  • Objets connectés et commerce phygital
  • Objects connectés et santé
  • Objets connectés et big data

UCO :

  • Ethique et innovation technologique

ESEO :

  • Big data analytics : application to smart cities
  • Robustesse et fiabilité des systèmes de surveillance embarquée de structures mécaniques
  • Assistant cognitif et aide à la personne
  • Efficacité énergétique des capteurs de l’IoT
  • Compatibilité électromagnétique des objets connectés
  • Interopérabilité et sécurité des objets connectés de l’IoT

ESAIP :

  • Cyber-sécurité et internet of things
  • Green IT et internet of things
  • Internet of everything & big data

http://www.angersfrenchtech.com/

 

Ainsi, ce plan de modernisation de l’outil productif des PME passe par la robotisation et l’automatisation des équipements. Mais comme le souligne Ludovic HARENG, Vice-Président opérations et qualité de l’entreprise LACROIX ELECTRONICS (qui conçoit et produit des cartes électroniques à destination de l’avionique civile et défense, l’automobile, la domotique, l’industriel et la santé) :

La 3ème Révolution Agricole et Industrielle (TRIA) bouscule l’organisation globale de l’entreprise, et pas seulement l’atelier de production : opérateurs, bureau d’étude, clients, fournisseurs doivent pouvoir communiquer sans barrières, en partageant les idées pour faire émerger l’innovation. Ils ont besoin de travailler en mode transversal, afin d’être davantage connectés dans l’entreprise et avec l’écosystème. Il faut donc casser les silos et les niveaux hiérarchiques.

 

L’organisation doit gagner en souplesse, par la réduction des frontières hiérarchiques et administratives. Le manager se transforme en chef d’orchestre “connecteur de talents”. Son rôle consiste à :

  • Identifier les parties prenantes de son écosystème, afin de bien s’entourer
  • Accompagner et animer les équipes pour faciliter et optimiser les connections entre les métiers extrêmement différents (techniciens, chercheurs, scientifiques, designers, commerciaux, financiers, consultants…)
  • Fédérer les personnes et les groupes pour donner du sens aux projets innovants

Plus que d’outils managériaux, il a besoin de développer ses aptitudes comportementales, organisationnelles et cognitives.

Il s’agit donc de passer d’une culture industrielle à une culture du partage et de l’innovation, où l’agilité managériale devient fondamentale.